J'ai constaté, il y a peu, que je vivais dans un monde aseptisé. Un monde où, à force que tout un chacun se voie comme un individu original et décalé, on a finalement recréé tout un système de fonctionnement, de vie en société et de goût en décalage avec la bienséance. Des moutons qui se prennent pour les hérissons de Schopenhauer. Parfois, je nous trouve triste à pleurer chers humains.
C'est en balançant une phrase assassine - et vous connaissez ma critique acerbe- que j'ai réalisé que je ne valais pas mieux. J'ai rencontré une personnalité à part. Ce n'est pas le gendre idéal, ni le rigolo de la bande. Il est juste lui. Sans masque. Sans fioriture. Sans faux-semblant.
Et, ma grande erreur de départ fut de penser qu'il était un de ces psychofreaks, de ces écorchés vifs qui ne guérissent jamais. Et comme les médecins qui s'étaient trompés sur le compte d'Antonin Artaud en lui administrant des électrochocs à répétition ; j'ai choisi de l'affronter, de l'attaquer pour le soumettre à ce que je jugeais être la normalité.
Mais au fond, quand les deux premiers êtres vivants sur cette terre ont du se croiser pour la première fois il y a des millions d'années ; n'ont-ils pas eu ce sentiment là ? On est toujours l'étranger de quelqu'un. Et moi qui me pense "passe-partout"... Suis-je la bête noire de quelqu'un ? Peut-être la sienne. Le sentiment d'incompréhension existe dans les deux sens. Et, bien souvent, on n'y pense pas.
Comme vous, je crie sur tous les toits ma tolérance, ma capacité à m'adapter. Mais dans le fond de mes entrailles se niche cette peur latente de la différence. Cette peur est peut-être tout bêtement humaine. Il faut avoir beaucoup de caractère et de volonté pour la surmonter. Je trouve ça très injuste de nous affubler d'un tel défaut.
Bref, peut-être m'aidera t-il à passer outre.. Je n'en attends pas moins de lui. Et j'ai hâte. Comme j'ai hâte.
lundi 30 août 2010
dimanche 1 août 2010
Vendredi soir, tard.
Vendredi soir, tard. J'arrive devant le 17 du boulevard Barbés-Rochechouart. Je prends une grande inspiration. Trois mois que je ne l'ai pas vu. Trois mois de silence après que je sois partie en claquant la porte. Pourquoi c'était déjà ?
Ah. Alors que je rentrais d'une répétition avec mon groupe, il m'avait ouvert la porte de son appartement mais ne prêtait pas attention à moi. Tension palpable. J'étais recroquevillée sur son sofa, il était assis dans le grand fauteuil de cuir de son bureau. J'étais mal, malade, folle ; je pleurais silencieusement.
Et c'est là qu'il m'a asséné le coup de grâce. Non, il ne voulait pas m'aimer. Il a pris des raccourcis. Il a enfin osé dire ce qu'il a tu depuis quatre ans. "Sole, toi et moi ça ne marchera jamais. On est trop différents." Tiens donc. Il pensait que j'ignorais que je n'étais pas vraiment la bru rêvée par ses parents ? Eux, de droite, conservateurs et cathos. Moi, fille de gauchos, de hippies, une vie à l'arrache sans horaires si ce ne sont ceux du travail.
Oui. C'est à ce moment précis que je me suis levée, que je lui ai dit "Es la ultima vez que me ves. Si mientras me habías querido que te quiera...Pués supongo que esto no vale la pena". Et je me suis cassée.
Donc vendredi soir, tard ; je compose le code. 47A60. 1er étage. La porte au fond du couloir à gauche. Mes talons claquent sur le sol en marbre. Je sais qu'il entend. Qu'il stresse.
Et pourtant, mardi, il m'a envoyé ce message. "NECESITO verte". J'ai BESOIN de te voir. Et je me suis demandé -avec un peu trop d'enthousiasme- ce qu'il voulait. Il a pris tout ce qu'il y avait à prendre. Il m'a dépouillée de sentiments, de bonne humeur, de joie de vivre. Que voulait -il ?
Vendredi soir, tard, je m'arrête devant sa porte. Je sais qu'il m'a entendue arriver. Je sonne par politesse. Pour faire comme si je ne savais pas qu'il m'attendait. Il ouvre la porte, les yeux rivés sur le sol. Je reste plantée là comme une conne. Je sais pas quoi faire, vraiment. Il finit par m'attraper le bras, m'attirer dans ses bras. Je lâche mon sac, surprise. Ce n'est pas un expert en matière de démonstration de sentiments d'habitude.
Ça a peut-être duré cinq minutes comme ça. Puis, la soirée s'est déroulée comme les autres soirées auparavant. Une fée verte, puis deux. Un joint, puis deux. La voix de Maynard. I'd sell my soul, my self-esteem, a dollar at time. For one chance, one kiss, one taste of you my black madonna...Magdalena.
Et j'ai retrouvé ses bras, ma bonne humeur, ma vie. Vendredi soir, tard.
Ah. Alors que je rentrais d'une répétition avec mon groupe, il m'avait ouvert la porte de son appartement mais ne prêtait pas attention à moi. Tension palpable. J'étais recroquevillée sur son sofa, il était assis dans le grand fauteuil de cuir de son bureau. J'étais mal, malade, folle ; je pleurais silencieusement.
Et c'est là qu'il m'a asséné le coup de grâce. Non, il ne voulait pas m'aimer. Il a pris des raccourcis. Il a enfin osé dire ce qu'il a tu depuis quatre ans. "Sole, toi et moi ça ne marchera jamais. On est trop différents." Tiens donc. Il pensait que j'ignorais que je n'étais pas vraiment la bru rêvée par ses parents ? Eux, de droite, conservateurs et cathos. Moi, fille de gauchos, de hippies, une vie à l'arrache sans horaires si ce ne sont ceux du travail.
Oui. C'est à ce moment précis que je me suis levée, que je lui ai dit "Es la ultima vez que me ves. Si mientras me habías querido que te quiera...Pués supongo que esto no vale la pena". Et je me suis cassée.
Donc vendredi soir, tard ; je compose le code. 47A60. 1er étage. La porte au fond du couloir à gauche. Mes talons claquent sur le sol en marbre. Je sais qu'il entend. Qu'il stresse.
Et pourtant, mardi, il m'a envoyé ce message. "NECESITO verte". J'ai BESOIN de te voir. Et je me suis demandé -avec un peu trop d'enthousiasme- ce qu'il voulait. Il a pris tout ce qu'il y avait à prendre. Il m'a dépouillée de sentiments, de bonne humeur, de joie de vivre. Que voulait -il ?
Vendredi soir, tard, je m'arrête devant sa porte. Je sais qu'il m'a entendue arriver. Je sonne par politesse. Pour faire comme si je ne savais pas qu'il m'attendait. Il ouvre la porte, les yeux rivés sur le sol. Je reste plantée là comme une conne. Je sais pas quoi faire, vraiment. Il finit par m'attraper le bras, m'attirer dans ses bras. Je lâche mon sac, surprise. Ce n'est pas un expert en matière de démonstration de sentiments d'habitude.
Ça a peut-être duré cinq minutes comme ça. Puis, la soirée s'est déroulée comme les autres soirées auparavant. Une fée verte, puis deux. Un joint, puis deux. La voix de Maynard. I'd sell my soul, my self-esteem, a dollar at time. For one chance, one kiss, one taste of you my black madonna...Magdalena.
Et j'ai retrouvé ses bras, ma bonne humeur, ma vie. Vendredi soir, tard.
Inscription à :
Articles (Atom)
