Au lieu de parler du bonheur comme concept, trop abstrait à mon goût, je préfère parler des moments de plénitude et de sérénité que je vis.
Ces moments, rarement dominants sauf peut-être dans le cas de quelques optimistes, restent pour moi des choses simples. Sans me la jouer à Amélie Poulain, je me contente de peu de choses.
Dois-je en faire la liste ?
A vrai dire, je ne sais pas si je pourrais. Car un tout comme un rien me suffisent afin de me sentir bien et rassérénée.
dimanche 25 octobre 2009
lundi 19 octobre 2009
Shit happens
L'histoire d'une pigeonne plus vraie que nature : Soledad.
A quoi bon avoir foi en l'Humanité quand elle n'a pas foi en vous ?
J'ai fait confiance et encore une fois, la faille s'est ouverte. Encore une fois, je déguste.
Comment vous dire que je me sens comme une merde ? Ah, je l'ai dit.
Si cette dernière année et demie, la vie ne m'a pas gâtée sentimentalement parlant ; j'étais loin de me douter de ce qui vient de me tomber sur le coin du nez.
Je suis repartie pour une longue saison d'errance à me demander ce qui ne va pas chez moi, à me demander qu'est-ce que j'ai encore foutu par terre. Finalement, J. avait fichtrement raison : je ne suis pas foutue d'avoir quelqu'un dans ma vie.
Je suis dingue. Dingue. Dingue. Alors que je pensais ma page "salope" tournée, je me vois forcée d'y replonger durement. Je ne peux plus aimer ni accorder ma confiance. Dés que je me sens mieux, une catastrophe arrive. Je ne m'étais pas sentie comme ça depuis un an et demi. Je suis dingue. Dingue. Dingue.
A quoi bon avoir foi en l'Humanité quand elle n'a pas foi en vous ?
J'ai fait confiance et encore une fois, la faille s'est ouverte. Encore une fois, je déguste.
Comment vous dire que je me sens comme une merde ? Ah, je l'ai dit.
Si cette dernière année et demie, la vie ne m'a pas gâtée sentimentalement parlant ; j'étais loin de me douter de ce qui vient de me tomber sur le coin du nez.
Je suis repartie pour une longue saison d'errance à me demander ce qui ne va pas chez moi, à me demander qu'est-ce que j'ai encore foutu par terre. Finalement, J. avait fichtrement raison : je ne suis pas foutue d'avoir quelqu'un dans ma vie.
Je suis dingue. Dingue. Dingue. Alors que je pensais ma page "salope" tournée, je me vois forcée d'y replonger durement. Je ne peux plus aimer ni accorder ma confiance. Dés que je me sens mieux, une catastrophe arrive. Je ne m'étais pas sentie comme ça depuis un an et demi. Je suis dingue. Dingue. Dingue.
dimanche 18 octobre 2009
Chocolat.
Aujourd'hui, visite au salon du chocolat.
Accompagnée de mes acolytes cuisiniers, je gruge dans les files d'attente. Je piétine alors que le trafic humain est fluide. Je n'ai qu'une envie : voir ma soeur, venue à Paris pour l'occasion. Enfin, nous avons nos billets. Puis, je fonce comme un bolide vers le stand de D. Je l'aperçois. L'émotion est trop forte, je passe sur le côté du stand et la prend dans mes bras.
Je la serre contre moi. Dieu que c'est bon. Déjà un an sans la voir. Je ne sais même pas comment vous dire comme elle m'a manqué. Et voilà, mes yeux brillent. Elle nous fourre des ganaches à l'armagnac dans la bouche. Son accent du Sud, ses joues rondes et sa bonhomie naturelle. Elle use (et abuse) d'humour, de boutades. Jeu de séduction avec le consommateur. Petit stand et peu de produits mais je suis tellement fière d'elle. Je lui demande si elle est venue seule. Pour toute réponse, elle désigne un petit homme derrière elle : son maître d'apprentissage ; propriétaire de la pâtisserie dans laquelle j'allais acheter mes bonbons alors que j'étais haute comme trois pommes.
L'homme surpris, ne tique pas en me voyant. Puis enfin, je lui dis mon nom. Et là, il réalise. La dernière fois qu'il m'a vue, je devais porter des culottes courtes et des sandales. Et me voilà, femme et épanouie. Quant à moi, je retrouvais les yeux rieurs du maître chocolatier. Certes, il a un peu rapetissé, les rides se sont creusés et les cheveux se font rares.
Tout d'un coup, mon enfance me revient à la figure. Les bonbons, la vendeuse et ses humeurs, la course avec mon frère dans les escaliers de la chocolaterie, le village où nous étions... Les larmes me montent aux yeux. Je décide de faire un tour, achète des tonnes de chocolat amers, racés et aux notes épicés. Puis repasse faire un bisou à ma grande soeur. Rares moments de tendresse. Mais toujours intenses. Et je me sens fondre à nouveau dans ses bras. Cette entrevue me laisse un goût amer, un peu comme le Papouasie-Nouvelle Guinée extra-noir. Laisse passer l'automne puis l'hiver. On verra bien.
Accompagnée de mes acolytes cuisiniers, je gruge dans les files d'attente. Je piétine alors que le trafic humain est fluide. Je n'ai qu'une envie : voir ma soeur, venue à Paris pour l'occasion. Enfin, nous avons nos billets. Puis, je fonce comme un bolide vers le stand de D. Je l'aperçois. L'émotion est trop forte, je passe sur le côté du stand et la prend dans mes bras.
Je la serre contre moi. Dieu que c'est bon. Déjà un an sans la voir. Je ne sais même pas comment vous dire comme elle m'a manqué. Et voilà, mes yeux brillent. Elle nous fourre des ganaches à l'armagnac dans la bouche. Son accent du Sud, ses joues rondes et sa bonhomie naturelle. Elle use (et abuse) d'humour, de boutades. Jeu de séduction avec le consommateur. Petit stand et peu de produits mais je suis tellement fière d'elle. Je lui demande si elle est venue seule. Pour toute réponse, elle désigne un petit homme derrière elle : son maître d'apprentissage ; propriétaire de la pâtisserie dans laquelle j'allais acheter mes bonbons alors que j'étais haute comme trois pommes.
L'homme surpris, ne tique pas en me voyant. Puis enfin, je lui dis mon nom. Et là, il réalise. La dernière fois qu'il m'a vue, je devais porter des culottes courtes et des sandales. Et me voilà, femme et épanouie. Quant à moi, je retrouvais les yeux rieurs du maître chocolatier. Certes, il a un peu rapetissé, les rides se sont creusés et les cheveux se font rares.
Tout d'un coup, mon enfance me revient à la figure. Les bonbons, la vendeuse et ses humeurs, la course avec mon frère dans les escaliers de la chocolaterie, le village où nous étions... Les larmes me montent aux yeux. Je décide de faire un tour, achète des tonnes de chocolat amers, racés et aux notes épicés. Puis repasse faire un bisou à ma grande soeur. Rares moments de tendresse. Mais toujours intenses. Et je me sens fondre à nouveau dans ses bras. Cette entrevue me laisse un goût amer, un peu comme le Papouasie-Nouvelle Guinée extra-noir. Laisse passer l'automne puis l'hiver. On verra bien.
dimanche 11 octobre 2009
Pajarillo verde
Pajarillo verde
Como no quieres que llore ?
Pajarillo verde
Como no voy a llorar ?
La rengaine habituelle des jours d'été à L.
Notre maison là-bas était tellement grande. Je portais des volants bleus et blancs. Mon teint porcelaine caché sous une grande capeline bleu cobalt que Maman m'avait achetée au marché nocturne. Mes pieds nus dans le vide. L'espace entre la terrasse et le sol. Papa n'avait pas encore construit de petit escalier entre les deux. Et, à cette époque là, je m'imaginais sautant d'une falaise tellement cela me semblait haut.
Avec du recul, il y avait simplement la place pour que les jacinthes y poussent.
Et c'était ce qui me faisait rester là, sirotant ma grenadine : Maman jardinait.
Dans notre jardin, on trouvait des albizzias, des catalpas, un grand eucalyptus et des sumacs de Virginie. C'était une forêt exotique dans laquelle j'aimais à me prendre pour une exploratrice. Les amandiers étaient secs à l'été, le lilas embaumait la maison. Maman soignait des heures durant les rosiers, les jacinthes, les asters et le cerisier du Japon qui, et ce pour une raison que nous ignorons tous, demeurera petit et ne bourgeonnera jamais.
Je pouvais regarder Maman des heures, taillant le figuier, arrosant les dahlias, s'affairant autour de ses massifs. Nous écoutions Soledad Bravo.
Le plus grand des albizias et l'eucalyptus dont les branches s'étaient entrelacés - et j'y voyais là la promesse d'un éternel amour entre les deux arbres ; en réalité c'était Papa qui les avait d'abord fait tenir avec du fil de fer, afin qu'elles poussent enchevêtrées - étaient donc le parasol improvisé de longs repas d'été entre amis.
Et, quelques années plus tard, lorsque Papa a coupé les branches de l'albizia et de l'eucalyptus, les laissant chauves, lugubres et laids ; je compris que rien ne serait plus comme avant.
Je retourne parfois à L. . D'autres enfants jouent maintenant sur la terrasse aux carreaux de terre cuite où j'aimais m'avachir autrefois. Les arbres ont été coupés, l'herbe arrachée, les massifs délogés. A la place, on a mis une dalle en béton recouverte de petits graviers couleur saumon et blanc, comme dans nos cimetières.
Et une nuit, lorsque la maisonnée dormira, j'irais y poser une dalle gravée à la mémoire de mes souvenirs qui, à jamais, hanteront la demeure.
Como no quieres que llore ?
Pajarillo verde
Como no voy a llorar ?
La rengaine habituelle des jours d'été à L.
Notre maison là-bas était tellement grande. Je portais des volants bleus et blancs. Mon teint porcelaine caché sous une grande capeline bleu cobalt que Maman m'avait achetée au marché nocturne. Mes pieds nus dans le vide. L'espace entre la terrasse et le sol. Papa n'avait pas encore construit de petit escalier entre les deux. Et, à cette époque là, je m'imaginais sautant d'une falaise tellement cela me semblait haut.
Avec du recul, il y avait simplement la place pour que les jacinthes y poussent.
Et c'était ce qui me faisait rester là, sirotant ma grenadine : Maman jardinait.
Dans notre jardin, on trouvait des albizzias, des catalpas, un grand eucalyptus et des sumacs de Virginie. C'était une forêt exotique dans laquelle j'aimais à me prendre pour une exploratrice. Les amandiers étaient secs à l'été, le lilas embaumait la maison. Maman soignait des heures durant les rosiers, les jacinthes, les asters et le cerisier du Japon qui, et ce pour une raison que nous ignorons tous, demeurera petit et ne bourgeonnera jamais.
Je pouvais regarder Maman des heures, taillant le figuier, arrosant les dahlias, s'affairant autour de ses massifs. Nous écoutions Soledad Bravo.
Le plus grand des albizias et l'eucalyptus dont les branches s'étaient entrelacés - et j'y voyais là la promesse d'un éternel amour entre les deux arbres ; en réalité c'était Papa qui les avait d'abord fait tenir avec du fil de fer, afin qu'elles poussent enchevêtrées - étaient donc le parasol improvisé de longs repas d'été entre amis.
Et, quelques années plus tard, lorsque Papa a coupé les branches de l'albizia et de l'eucalyptus, les laissant chauves, lugubres et laids ; je compris que rien ne serait plus comme avant.
Je retourne parfois à L. . D'autres enfants jouent maintenant sur la terrasse aux carreaux de terre cuite où j'aimais m'avachir autrefois. Les arbres ont été coupés, l'herbe arrachée, les massifs délogés. A la place, on a mis une dalle en béton recouverte de petits graviers couleur saumon et blanc, comme dans nos cimetières.
Et une nuit, lorsque la maisonnée dormira, j'irais y poser une dalle gravée à la mémoire de mes souvenirs qui, à jamais, hanteront la demeure.
mardi 6 octobre 2009
Chercher (et trouver ?)
Sujet abordé avec un pote : les sites de rencontre.
Dès l'évocation du schmilblick faite, on observe différents comportements.
Tout d'abord, les sceptiques. Sur Internet, on triche, on ment, on a des mauvaises surprises, on usurpe les identités. Bouh, les vilains.
A croire que les sceptiques n'auront décidément jamais foi en l'Humanité.
Puis, ceux qui nient. Ceux qui jurent leurs grands dieux n'y avoir jamais mis les "pieds". Mouais. Je dirais que ça sent plutôt l'échec ou la déception. Ou tout simplement quelque chose d'encore plus con : la honte.
Enfin, on trouve les addicts. Inscrits sur adopteunmec, Meetic, PointsCommuns, etc etc (et je peux vous dire que la liste est longue). N'hésitant pas à rencarder plusieurs "potentiels" dans la même semaine.
Dans tous les cas, tout le monde a connaissance de ce genre de site. Et là, j'ai envie de dire que le monde a bien changé. Il y a encore 100 ans de ça, on était souvent marié de force au fils du voisin. Aujourd'hui, on choisit la couleur des yeux, le galbe des fesses, le salaire de son futur Jules. Gigantesque bestiaire, étal de viande humaine sous vide (ou non) ; oh je ne blâme pas. Juste que les moeurs ont subi une évolution curieuse. Et -il ne faut pas se leurrer- si ce genre de site existe, c'est que la clientèle est demandeuse.
Différents concepts nous proposant de pêcher à la ligne un beau garçon ou bien un lecteur de Schopenhauer ou bien un vieux con rassurant ou encore de se refaire une santé avec un jeunot. C'est un peu le tourisme du vagin/de la bite made in pixels. Souvent drôles, les rencontres par Internet sont majoritairement des expériences à vivre. N'en prenez que le meilleur cher(e)s lecteurs/lectrices.
Et quoi qu'on vous dise, sachez vivre avec votre temps.
"Soyons désinvoltes, n'ayons peur de rien".
Dès l'évocation du schmilblick faite, on observe différents comportements.
Tout d'abord, les sceptiques. Sur Internet, on triche, on ment, on a des mauvaises surprises, on usurpe les identités. Bouh, les vilains.
A croire que les sceptiques n'auront décidément jamais foi en l'Humanité.
Puis, ceux qui nient. Ceux qui jurent leurs grands dieux n'y avoir jamais mis les "pieds". Mouais. Je dirais que ça sent plutôt l'échec ou la déception. Ou tout simplement quelque chose d'encore plus con : la honte.
Enfin, on trouve les addicts. Inscrits sur adopteunmec, Meetic, PointsCommuns, etc etc (et je peux vous dire que la liste est longue). N'hésitant pas à rencarder plusieurs "potentiels" dans la même semaine.
Dans tous les cas, tout le monde a connaissance de ce genre de site. Et là, j'ai envie de dire que le monde a bien changé. Il y a encore 100 ans de ça, on était souvent marié de force au fils du voisin. Aujourd'hui, on choisit la couleur des yeux, le galbe des fesses, le salaire de son futur Jules. Gigantesque bestiaire, étal de viande humaine sous vide (ou non) ; oh je ne blâme pas. Juste que les moeurs ont subi une évolution curieuse. Et -il ne faut pas se leurrer- si ce genre de site existe, c'est que la clientèle est demandeuse.
Différents concepts nous proposant de pêcher à la ligne un beau garçon ou bien un lecteur de Schopenhauer ou bien un vieux con rassurant ou encore de se refaire une santé avec un jeunot. C'est un peu le tourisme du vagin/de la bite made in pixels. Souvent drôles, les rencontres par Internet sont majoritairement des expériences à vivre. N'en prenez que le meilleur cher(e)s lecteurs/lectrices.
Et quoi qu'on vous dise, sachez vivre avec votre temps.
"Soyons désinvoltes, n'ayons peur de rien".
dimanche 4 octobre 2009
Souvenirs
Aujourd'hui, N. poste une vidéo de Tryo. Et là, les souvenirs à gogo reviennent. Le lycée, mes dreadlocks, ses baggys usés au bas, vos rires, nos après-midis alcooliques, les paroles qu'on entonnait tous ensemble. Et je me surprends à trouver que ces chansons, même avec le recul, réveillent des choses personnelles qu'on croyait enfouies à tout jamais, cachées à tout jamais derrière ce présent qui nous veut plus mature.
Un stock de trucs qu'on pensait obsolètes. Et aujourd'hui quand je me vois dans mon tailleur, j'envie les gosses à dreads-baggys-piercings.
L'insouciance inhérente à cet accoutrement me glisse un clin d'oeil; et je me laisserais bien prendre pour un deuxième tour dans le fou manège de l'adolescence.
Venga, venga, venga...
C'était hier et pourtant...
Un stock de trucs qu'on pensait obsolètes. Et aujourd'hui quand je me vois dans mon tailleur, j'envie les gosses à dreads-baggys-piercings.
L'insouciance inhérente à cet accoutrement me glisse un clin d'oeil; et je me laisserais bien prendre pour un deuxième tour dans le fou manège de l'adolescence.
Venga, venga, venga...
C'était hier et pourtant...
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