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vendredi 25 décembre 2009

Amañi

Amañi, comme j'aime à l'appeler, est une grande femme aux yeux verts perçants. Je lui dis souvent qu'elle a les yeux d'un aigle : des taches marron et jaunes se perdent dans l'émeraude de son iris. Elle parle un mélange de français, d'occitan et de je ne sais quoi encore. Le caractère bien trempé d'une matrone : elle ordonne et régit la famille comme une matriarche se doit de le faire. C'est une fine cuisinière ; et c'est à ses côtés que j'ai acquis le respect des produits, des fruits et des légumes. A force de patience, plantant haricots, piquant salades, récoltant les tomates, les prunes et le maïs. Amañi n'est pas allé longtemps à l'école mais c'est quelqu'un de redoutablement rusé et malicieux. Elle voit tout, entend tout, raisonne et gronde. Les gestes de tendresse sont rares. Il faut dire que ses parents ne l'y ont pas habituée. Elle a du mal à se faire à mon côté tactile. J'ai besoin de baiser ses joues ridées, de la serrer dans mes bras. Et quand elle étouffe sous mes étreintes, elle gueule comme un putois. Un bon juron lancé en occitan. Elle aime mais discrètement. Se vexe, se fâche avec ardeur mais pour un temps très court. Elle peste et critique. Je me dis que je dois tenir d'elle.

Amañi est une battante qui a élevé quatre enfants et tenu une ferme dans un petit village isolé et vallonné. Elle est super réac parfois. A me voir fagotée comme ça ou à m'entendre parle comme-ci. Elle a gardé cette odieuse habitude de regarder derrière mes oreilles pour vérifier si elles sont bien lavées.

"Mais Amañi, enfin, laisse-moi ! J'ai vingt ans ! Merde à la fin !"
Il n'y a pas de vingt ans qui tiennent. Et je la laisse faire.

A quatre ans déjà, elle m'amenait aux aurores traire les vaches. J'adorais tout ça. Elle a forgé mon palais, mon goût pour le travail et la cuisine. Souvent je me demande ce que l'on fera quand elle s'en ira. Tout son savoir-faire, elle me l'a légué. Un précieux présent. Quelque chose qui n'appartient qu'à nous deux.

Elle et moi fauchant le foin, soignant les bêtes, allant à l'église, semant les haricots verts, confisant le canard, priant le soir dans le lit froid.

Je garde un souvenir impérissable de mon enfance années 60 à ses côtés. Je prenais un seul bain par semaine (Authentique ! ) quand nous allions au marché le mercredi matin. Sinon je me lavais au bidet. L'hiver dans la baignoire. L'été dans une lessiveuse dans la basse-cour, aux yeux et à la vue des voisins et des amis.
Le goûter se prenait au son de la grosse horloge qui trônait dans la cuisine : tartine à la confiture de pastéque, omelette aux pommes de terre et verre de rosé.
Les murs en salpêtre laissaient pénétrer l'humidité et le froid en hiver. Les draps et le traversin étaient lourds. Je dormais avec une bouillotte.

La vie suivait son cours et j'organisais mes petites tâches de la journée : traire, tuer les canards, garder les vaches, ramasser les oeufs, aller couper du thym et des fânes de poireau pour aromatiser la garbure du soir. La vie chez Amañi ne fut qu'aprentissage. Mais cette vie-là me plaisait. Et ce qui me plait davantage encore, c'est d'être l'unique héritière de ce savoir-là. Jamais on ne m'a fait ou ne me fera plus grand et plus beau cadeau.

Amañi, gracias para todo.

dimanche 15 novembre 2009

Propos sur le bonheur part II

Le bonheur comme sensation. Mon corps est comme enveloppé, protégé. Je frissonne depuis 4h de temps sans m'arrêter. J'ai envie des choses les plus folles, les choses les plus simples, les plus belles.

Envie de dire à tout le monde que je suis heureuse à cet instant précis. La cause ? Je n'en sais foutrement rien. Je me sens en accord avec moi-même. Je suis heureuse à en pleurer, à en rire. Rien ne peut me blesser, m'atteindre. J'aimerais que ça ne s'arrête jamais. Non, jamais.

lundi 9 novembre 2009

Mon p'tit loup - Pierre Perret




T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.

Je t'amènerai sécher tes larmes
Au vent des quatre points cardinaux,
Respirer la violette à Parme
Et les épices à Colombo.
On verra le fleuve Amazone
Et la vallée des Orchidées
Et les enfants qui se savonnent
Le ventre avec des fleurs coupées.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.

Allons voir la terre d'Abraham.
C'est encore plus beau qu'on le dit.
Y'a des Van Gogh à Amsterdam
Qui ressemblent à des incendies.
On goûtera les harengs crus
Et on boira du vin de Moselle.
Je te raconterai le succès que j'ai eu
Un jour en jouant Sganarelle.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.

Je t'amènerai voir Liverpool
Et ses guirlandes de Haddock
Et des pays où y a des poules
Qui chantent aussi haut que les coqs.
Tous les livres les plus beaux,
De Colette et de Marcel Aymé,
Ceux de Rabelais ou de Léautaud,
Je suis sûr que tu vas les aimer.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.

Je t'apprendrai, à la Jamaïque
La pêche de nuit au lamparo
Et je t'emmènerai faire un pique-nique
En haut du Kilimandjaro
Et tu grimperas sur mon dos
Pour voir le plafond de la Sixtine.
On sera fasciné au Prado
Par les Goya ou les Menine.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.

Connais-tu, en quadriphonie,
Le dernier tube de Mahler
Et les planteurs de Virginie
Qui ne savent pas qu'y a un hiver.
On en a des choses à voir
Jusqu'à la Louisiane en fête
Où y a des types qui ont tous les soirs
Du désespoir plein la trompette.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
Oublie-les, les petits cons
Qui t'ont fait ça.
T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
Je t'en supplie, mon petit loup,
Ne pleure pas.

T'en fais pas, mon petit loup,
C'est la vie, ne pleure pas.
T'oublieras, mon petit loup,
Ne pleure pas.



J'avais envie de partager cette chanson avec vous. Chaque fois que je l'entends, j'ai des frissons et les larmes aux yeux.
Pierre Perret, dont on retient plus aisément les chansons légères comme le Zizi, a pourtant écrit à propos de sujets beaucoup plus graves et profonds tels que le viol, le racisme et le retour du fascisme. "Mon p'tit loup" fait partie de ses chansons au texte qui nous émeuvent tant l'intention est réconfortante et paternelle.

La liste de choses à faire ou voir avec son "p'tit loup" invite au voyage, à l'évasion. Devant de telles promesses faites afin d'effacer l'épreuve, on ne peut souhaiter que du bonheur au p'tit loup.

dimanche 25 octobre 2009

Propos (très court et à compléter ) sur le bonheur

Au lieu de parler du bonheur comme concept, trop abstrait à mon goût, je préfère parler des moments de plénitude et de sérénité que je vis.

Ces moments, rarement dominants sauf peut-être dans le cas de quelques optimistes, restent pour moi des choses simples. Sans me la jouer à Amélie Poulain, je me contente de peu de choses.
Dois-je en faire la liste ?
A vrai dire, je ne sais pas si je pourrais. Car un tout comme un rien me suffisent afin de me sentir bien et rassérénée.

lundi 19 octobre 2009

Shit happens

L'histoire d'une pigeonne plus vraie que nature : Soledad.
A quoi bon avoir foi en l'Humanité quand elle n'a pas foi en vous ?
J'ai fait confiance et encore une fois, la faille s'est ouverte. Encore une fois, je déguste.

Comment vous dire que je me sens comme une merde ? Ah, je l'ai dit.
Si cette dernière année et demie, la vie ne m'a pas gâtée sentimentalement parlant ; j'étais loin de me douter de ce qui vient de me tomber sur le coin du nez.

Je suis repartie pour une longue saison d'errance à me demander ce qui ne va pas chez moi, à me demander qu'est-ce que j'ai encore foutu par terre. Finalement, J. avait fichtrement raison : je ne suis pas foutue d'avoir quelqu'un dans ma vie.

Je suis dingue. Dingue. Dingue. Alors que je pensais ma page "salope" tournée, je me vois forcée d'y replonger durement. Je ne peux plus aimer ni accorder ma confiance. Dés que je me sens mieux, une catastrophe arrive. Je ne m'étais pas sentie comme ça depuis un an et demi. Je suis dingue. Dingue. Dingue.

dimanche 18 octobre 2009

Chocolat.

Aujourd'hui, visite au salon du chocolat.

Accompagnée de mes acolytes cuisiniers, je gruge dans les files d'attente. Je piétine alors que le trafic humain est fluide. Je n'ai qu'une envie : voir ma soeur, venue à Paris pour l'occasion. Enfin, nous avons nos billets. Puis, je fonce comme un bolide vers le stand de D. Je l'aperçois. L'émotion est trop forte, je passe sur le côté du stand et la prend dans mes bras.

Je la serre contre moi. Dieu que c'est bon. Déjà un an sans la voir. Je ne sais même pas comment vous dire comme elle m'a manqué. Et voilà, mes yeux brillent. Elle nous fourre des ganaches à l'armagnac dans la bouche. Son accent du Sud, ses joues rondes et sa bonhomie naturelle. Elle use (et abuse) d'humour, de boutades. Jeu de séduction avec le consommateur. Petit stand et peu de produits mais je suis tellement fière d'elle. Je lui demande si elle est venue seule. Pour toute réponse, elle désigne un petit homme derrière elle : son maître d'apprentissage ; propriétaire de la pâtisserie dans laquelle j'allais acheter mes bonbons alors que j'étais haute comme trois pommes.

L'homme surpris, ne tique pas en me voyant. Puis enfin, je lui dis mon nom. Et là, il réalise. La dernière fois qu'il m'a vue, je devais porter des culottes courtes et des sandales. Et me voilà, femme et épanouie. Quant à moi, je retrouvais les yeux rieurs du maître chocolatier. Certes, il a un peu rapetissé, les rides se sont creusés et les cheveux se font rares.

Tout d'un coup, mon enfance me revient à la figure. Les bonbons, la vendeuse et ses humeurs, la course avec mon frère dans les escaliers de la chocolaterie, le village où nous étions... Les larmes me montent aux yeux. Je décide de faire un tour, achète des tonnes de chocolat amers, racés et aux notes épicés. Puis repasse faire un bisou à ma grande soeur. Rares moments de tendresse. Mais toujours intenses. Et je me sens fondre à nouveau dans ses bras. Cette entrevue me laisse un goût amer, un peu comme le Papouasie-Nouvelle Guinée extra-noir. Laisse passer l'automne puis l'hiver. On verra bien.

dimanche 11 octobre 2009

Pajarillo verde

Pajarillo verde
Como no quieres que llore ?
Pajarillo verde
Como no voy a llorar ?


La rengaine habituelle des jours d'été à L.
Notre maison là-bas était tellement grande. Je portais des volants bleus et blancs. Mon teint porcelaine caché sous une grande capeline bleu cobalt que Maman m'avait achetée au marché nocturne. Mes pieds nus dans le vide. L'espace entre la terrasse et le sol. Papa n'avait pas encore construit de petit escalier entre les deux. Et, à cette époque là, je m'imaginais sautant d'une falaise tellement cela me semblait haut.
Avec du recul, il y avait simplement la place pour que les jacinthes y poussent.

Et c'était ce qui me faisait rester là, sirotant ma grenadine : Maman jardinait.
Dans notre jardin, on trouvait des albizzias, des catalpas, un grand eucalyptus et des sumacs de Virginie. C'était une forêt exotique dans laquelle j'aimais à me prendre pour une exploratrice. Les amandiers étaient secs à l'été, le lilas embaumait la maison. Maman soignait des heures durant les rosiers, les jacinthes, les asters et le cerisier du Japon qui, et ce pour une raison que nous ignorons tous, demeurera petit et ne bourgeonnera jamais.

Je pouvais regarder Maman des heures, taillant le figuier, arrosant les dahlias, s'affairant autour de ses massifs. Nous écoutions Soledad Bravo.
Le plus grand des albizias et l'eucalyptus dont les branches s'étaient entrelacés - et j'y voyais là la promesse d'un éternel amour entre les deux arbres ; en réalité c'était Papa qui les avait d'abord fait tenir avec du fil de fer, afin qu'elles poussent enchevêtrées - étaient donc le parasol improvisé de longs repas d'été entre amis.

Et, quelques années plus tard, lorsque Papa a coupé les branches de l'albizia et de l'eucalyptus, les laissant chauves, lugubres et laids ; je compris que rien ne serait plus comme avant.

Je retourne parfois à L. . D'autres enfants jouent maintenant sur la terrasse aux carreaux de terre cuite où j'aimais m'avachir autrefois. Les arbres ont été coupés, l'herbe arrachée, les massifs délogés. A la place, on a mis une dalle en béton recouverte de petits graviers couleur saumon et blanc, comme dans nos cimetières.
Et une nuit, lorsque la maisonnée dormira, j'irais y poser une dalle gravée à la mémoire de mes souvenirs qui, à jamais, hanteront la demeure.

mardi 6 octobre 2009

Chercher (et trouver ?)

Sujet abordé avec un pote : les sites de rencontre.

Dès l'évocation du schmilblick faite, on observe différents comportements.
Tout d'abord, les sceptiques. Sur Internet, on triche, on ment, on a des mauvaises surprises, on usurpe les identités. Bouh, les vilains.
A croire que les sceptiques n'auront décidément jamais foi en l'Humanité.
Puis, ceux qui nient. Ceux qui jurent leurs grands dieux n'y avoir jamais mis les "pieds". Mouais. Je dirais que ça sent plutôt l'échec ou la déception. Ou tout simplement quelque chose d'encore plus con : la honte.
Enfin, on trouve les addicts. Inscrits sur adopteunmec, Meetic, PointsCommuns, etc etc (et je peux vous dire que la liste est longue). N'hésitant pas à rencarder plusieurs "potentiels" dans la même semaine.

Dans tous les cas, tout le monde a connaissance de ce genre de site. Et là, j'ai envie de dire que le monde a bien changé. Il y a encore 100 ans de ça, on était souvent marié de force au fils du voisin. Aujourd'hui, on choisit la couleur des yeux, le galbe des fesses, le salaire de son futur Jules. Gigantesque bestiaire, étal de viande humaine sous vide (ou non) ; oh je ne blâme pas. Juste que les moeurs ont subi une évolution curieuse. Et -il ne faut pas se leurrer- si ce genre de site existe, c'est que la clientèle est demandeuse.

Différents concepts nous proposant de pêcher à la ligne un beau garçon ou bien un lecteur de Schopenhauer ou bien un vieux con rassurant ou encore de se refaire une santé avec un jeunot. C'est un peu le tourisme du vagin/de la bite made in pixels. Souvent drôles, les rencontres par Internet sont majoritairement des expériences à vivre. N'en prenez que le meilleur cher(e)s lecteurs/lectrices.

Et quoi qu'on vous dise, sachez vivre avec votre temps.

"Soyons désinvoltes, n'ayons peur de rien".

dimanche 4 octobre 2009

Souvenirs

Aujourd'hui, N. poste une vidéo de Tryo. Et là, les souvenirs à gogo reviennent. Le lycée, mes dreadlocks, ses baggys usés au bas, vos rires, nos après-midis alcooliques, les paroles qu'on entonnait tous ensemble. Et je me surprends à trouver que ces chansons, même avec le recul, réveillent des choses personnelles qu'on croyait enfouies à tout jamais, cachées à tout jamais derrière ce présent qui nous veut plus mature.

Un stock de trucs qu'on pensait obsolètes. Et aujourd'hui quand je me vois dans mon tailleur, j'envie les gosses à dreads-baggys-piercings.
L'insouciance inhérente à cet accoutrement me glisse un clin d'oeil; et je me laisserais bien prendre pour un deuxième tour dans le fou manège de l'adolescence.


Venga, venga, venga...
C'était hier et pourtant...

dimanche 30 août 2009

Et noooooooooon !

ELLE RESTE. ELLE RESTE. ELLE RESTE.
AVEC MOI. AVEC MOI. AVEC MOI.

Disappear, disappear.
Higher, higher.
Into the air.

jeudi 27 août 2009

Avec le temps va, tout s'en va...

Depuis un an et demi que j'ai migré vers la capitale, la vie m'aura apporté son lot de surprises, de joies, de défis, de peines, d'amour, de plaisirs, de secrets , de mensonges.

Mais hier, un coup de massue. Elle part. Elle s'en va.
Regardez la petite bannière en haut. La bouche d'ébène. C'est elle. Ma pygmée, mon double, celle avec qui je peux rester sans parler mais qui me comprendra quand-même, celle qui m'a portée, supportée, tenue tête.
Avec nous, aucun Jules n'aurait tenu le coup. Car c'est toujours l'amitié qui prend l'quart.
Une histoire écrite à deux. Une boulotte blanche et extravertie. Une petite black pas causante.
A coups de solidarité, de soutien, d'Orangina, de soirées Super Nintendo, de critiques acerbes, de moqueries, de dédain au monde entier, de regards complices et de piques lourdes de sens...
Elle a éteint l'incendie de mon esprit, m'a apaisée.
Et voilà qu'elle se barre.
Oh, pas à cause de moi.
Juste ce pays. Juste que le coche a été raté.
Elle me manquera. A ses 8 heures d'avion. Mais il y aura des soirs où l'on pensera aux mêmes trucs triviaux. On sera toujours aussi synchros.
Rien ne saurait me la faire oublier.





mercredi 19 août 2009

Svanire

Comme le morceau de Ludovico Einaudi.
Le verbe italien Svanire signifie "disparaître". Nous disparaîtrons tous un jour, c'est inéluctable. Nous continuons à vivre dans la mémoire des êtres aimés. Enfin, souvent oui. Parfois non.
Si le souvenir est entretenu, comme l'ont fait mes parents avec mes grands-parents, on perçoit presque la présence de l'être en question.

Je sens parfois, son âme bienveillante, le son de la musique jazz, les costumes en tweed et ses chapeaux de feutre.

Et parfois, je me demande...Comment se souviendra t-on de moi ? Quand ma nièce de 6 ans me dit au téléphone "tu me manques Tata". Je me demande ce dont elle se souvient de moi durant mes longues absences. Si c'est mon parfum, mon visage, nos câlins, nos "je t'aime", mes cheveux qu'elle aime à coiffer, les berceuses que je lui chante. Va savoir.

Quand je ne serai plus là, j'aimerais qu'on se souvienne de moi. Oh, pas tout le monde. Seulement ceux qui, vraiment, ont compté.

Parfois j'essaye de me rappeler les gens qui sont décédés quand j'étais gosse. Et je dois dire qu'il m'est difficile de me remémorer tous les visages, toutes les odeurs.
Comme quoi, même quand on disparaît, le reste, le souvenir s'érode. Et lui aussi s'évanouit.

lundi 10 août 2009

Tabac à rouler et robes légères.

Arrivée dans le Sud. Robe d'été. La vie est une suite de parties de cartes bruyantes, joyeuses. De verres de Bordeaux. De salades de crudités. De retrouvailles. Tout ce qui est vivant ici le reste. Et, mon séjour me permet de me fondre dans le décor animé de la vie que j'ai laissée ici. Entourage réconfortant. Je me sens bien.

J'abandonne mes Marlboro pour du tabac à rouler. Nine Inch Nails pour Serge Gainsbourg. Nous veillons très tard et j'adore ça parce que nous sommes ensemble. A Paris je veille seule, mon casque sur les oreilles. Là, je suis de nouveau soudée à ma fratrie. Discussions graves parfois mais nécessaires. Dans une petite robe bleue façon Carmen, les pieds un peu noircis par la poussière à force de marcher pieds nus. La forêt qui s'étend là, sous mon balcon. La quiétude de la province.

Une grande famille, une grande ribambelle de sourires contents de revoir mon minois pâle parmi eux, une longue liste de questions. Mais Dieu que ça fait du bien

dimanche 2 août 2009

Laguntza


Laguntza, ça veut dire "soutien". Je vous laisse chercher la langue. C'est pas à moi de faire tout le boulot, non ?
En ce moment, tout tourne autour de ça. Besoin de soutien. Même Trent Reznor me glisse de temps à autres un petit "I won't let you fall apart". Que c'est mignon.
On a tous besoin d'un bras droit, de quelqu'un qui nous aide, nous porte et nous supporte. Enfin, presque tous. Il reste la minorité d'aigris qui se débrouillent seuls ou encore ceux qui par fierté ne demandent pas et finissent à pleurer leur maman dans le noir.
En ce moment, alors que j'ai besoin de ce soutien, c'est plutôt 0800 SOLEDAD.
Sole, c'est la gentille fille qui vous ouvrira la porte à deux heures du matin, en chaussons Isotoner léopard, les cheveux en bataille, qui fera "non non tu me réveilles pas" tout en baillant. Sole, c'est aussi la grande soeur réconfortante, l'amante aimante, la copine rigolote, la meuf avec qui on parle de tout et de rien (mais surtout de tout, ce qui a tendance à la fatiguer).

Alors, amigos mios, je vous aime. Gens de passage, amis de toujours, amants jetables, je m'en vais en vacances. J'ai besoin de décharger mes petites épaules de toute vos/mes péripéties de l'année. Je vous conseille à tous de bien vous reposer.

Hasta la proxima.

lundi 13 juillet 2009

Défouloir.

Peu de sommeil en ce moment. Donc plus de temps pour songer à des choses extraordinaires.
L'autre soir d'ailleurs, Sophie mon amie américaine m'a sauvée de ma nuit solitaire en m'appelant à 2h du mat'. Scotchée à mon pieu, Massive Attack dans les oreilles , j'me suis levée en trombe. Douche, robe, sac à main, talons, allure de pétasse. Bar ouvert à Montparnasse. On cause en anglais. Sophie a eu une journée de merde. Moi aussi. On se console autour d'une tartine de cantal, d'une vodka pour Sophie et d'un très sage diabolo Grenadine pour moi.

Puis, on se fait accoster par deux types. Pas du genre fut-fut, mais plus du genre gros cons prêts à avaler n'importe quelles salades. On s'invente une vie. Sophie vient de Hong-Kong, fille de pédégé d'une multinationale qui fabrique des téléphones portables. Moi d'Espagne, fille d'illustre chocolatier. Tournage en bourrique pour finalement se tirer et les planter là. Quel bonheur de pouvoir un peu se lâcher. Foutage de gueule. Défouloir comme un autre.

D'Isidore Thérisod à Lucien Ginzburg

Funérarium

Advienne demain
Adieu divin démon
Saint Père des Porcs
Odieux des aurores
Sous la terre des orties
Aux osselets
De tes bracelets
D'or
Ecce homo
L'amour ressortira
Aux larmes
Et cetera

dimanche 12 juillet 2009

Now, you know, This is what it feels like

Pourquoi un titre de Nine Inch Nails ?
Simplement parce que j'ai envie.

Avant de commencer ce billet, je ne savais pas trop sur quoi écrire. Finalement, à l'écoute d'Explosions In The Sky, une idée me vient. J'ai pas envie d'un thème. Juste de dire ce que j'ai en tête. Juste envie de décrire comme je plane en ce moment. Un sentiment qui fait s'allonger le temps. Rien ne presse. Ne pas se dépêcher de vivre. Laisser aller les choses. J'ai confiance.

Si certains, pessimistes à leurs heures, pensent que tout va mal. Laissez moi vous dire que je n'en crois rien. Et on nous rebat les oreilles de la crise, de l'urgence. Bienvenue au Touvamaland, le pays où on vous gave d'infos sordides. Bébés congelés, sectes, crashes d'avions, pédophiles, chutes des valeurs des matières premières. Souvenez vous, lorsque vous portiez encore vos couches. Personnellement, à cette époque-là, je m'en foutais pas mal du prix du baril de pétrole. Quand on est mômes, on ignore. Et si, par la suite, l'ignorance devient risible et un critère d'exclusion ; lorsqu'on est gamin, rien ne compte. Prise en charge totale. Ne penser qu'à grandir. Faire ça bien ou mal. Mais le faire.

Puis, mis devant tout ce qui nous entoure non plus par la seule appréciation , la seule perception sensible ; nous perdons en innocence. Il faut avoir une opinion. Il faut lire. Il faut s'intéresser. Et, si par malheur, on lâche un "je m'en balance", on devient un jeune con je-m'en-foutiste, un branleur. Alors j'ose espérer que ce monde est rempli de branleurs. Je leur souhaite autant de bonheur que possible, de vivre au jour le jour, de faire confiance au monde dans lequel ils vivent, de se laisser porter, d'être fidèles à ce qu'ils sont. Branleurs allégres, je-m'en-foutistes joyeux, je vous aime.

mardi 12 mai 2009

Ce soir, à New York.

Ce soir je me la joue à la Carrie Bradshaw. Je me pose de plus en plus de questions quant aux relations entre les êtres humains.

On vit la grande époque des bouquins à dix balles qui te donnent des conseils pour trouver LE mec. Je crois que c'est la grande quête. Comme Arthur cherchait le Graal, nous on cherche à se caser. Oh, je ne suis pas épargnée. Je suis lancée en pleine croisade sentimentale et le moins qu'on puisse dire c'est que ça s'avère aussi difficile que de trouver des Moschino à 20€ , même d'occase.

Bien sûr, on a tous nos collectors d'exs du genre mauvais coups, névropathes ou même simplement pas sortables. De ce côté-là, j'atteins des sommets. Et au fur et à mesure, ma confiance en moi en pâtit. Du coup, j'envoie chier Paul qui dit vouloir me revoir. Texto bref pour lui dire que moi non, je veux pas. Je n'ai rien à foutre avec lui. Bon j'avoue que ça me tenterait bien. Il est gentil, mignon et pas trop con. Mais sa satanée confiance en lui m'explose au visage et me crie "oh regarde comme tu es insignifiante".

D'un autre côté, je céde au romantisme sur lequel j'ai longtemps craché, jurant mes grands dieux que c'était pas pour moi. Bon, mettons les choses au point. Il y a romantisme et romantisme. Exit les sérénades jouées à la mandoline à quatre heures du mat' sous le balcon. C'est le genre de chose qui me ferait vomir. Mais, il y a un juste milieu non ? What the fuck ?! Alors les gentils garçons amoureux avec un minimum de libre-arbitre et un Q.I dépassant celui d'un géranium auraient-ils déserté cette planéte ?

Cela dit, j'ai cessé de croire aux contes de fée ou aux boniments de nos mémés qui nous disent que ça va nous tomber du ciel tout droit sur le paletot, rien qu'en attendant, bras croisés. Mais, je ne pense pas avoir l'envie, la patience ni le courage nécessaire pour courir après. Après, reste à savoir si nous sommes prêts à vivre seuls mais surtout à le vivre bien.

dimanche 3 mai 2009

Premier billet

Le prem's. Le prem's pour annoncer ce qu'il se passe ici. Des anecdotes quotidiennes de la vie.
Mais pour commencer, rien de tel qu'un bon questionnaire de présentation !

1. Prénom : Soledad
2. Ville d'habitation : Paris
3. Signe astrologique : Bélier
5. Emploi actuel : Vente
6. Votre (vos) film(s) favoris : Volver d'Almodovar
7. Votre livre de chevet : Le Diable au corps de Raymond Radiguet
8. Votre CD de chevet : The Earth is not a cold dead place d'Explosions in the Sky
9. L'endroit où vous aimeriez être en ce moment : Là où je suis
10. Votre devise : Qué sera, sera.
11. Votre objet fétiche : un jeton de casino
12. Une chanson qui parle de vous : We're not alone de Peeping Tom
13. Une célébrité que vous admirez : Antonin Artaud
14. Le cadeau de vos rêves : Faire un CD avec Maynard James Keenan et Josh Homme
15. La meilleur chose au monde : l'humain
16. Le pire sentiment qui existe : L'indifférence
17. Le meilleur sentiment qui existe : La bonté