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dimanche 18 octobre 2009

Chocolat.

Aujourd'hui, visite au salon du chocolat.

Accompagnée de mes acolytes cuisiniers, je gruge dans les files d'attente. Je piétine alors que le trafic humain est fluide. Je n'ai qu'une envie : voir ma soeur, venue à Paris pour l'occasion. Enfin, nous avons nos billets. Puis, je fonce comme un bolide vers le stand de D. Je l'aperçois. L'émotion est trop forte, je passe sur le côté du stand et la prend dans mes bras.

Je la serre contre moi. Dieu que c'est bon. Déjà un an sans la voir. Je ne sais même pas comment vous dire comme elle m'a manqué. Et voilà, mes yeux brillent. Elle nous fourre des ganaches à l'armagnac dans la bouche. Son accent du Sud, ses joues rondes et sa bonhomie naturelle. Elle use (et abuse) d'humour, de boutades. Jeu de séduction avec le consommateur. Petit stand et peu de produits mais je suis tellement fière d'elle. Je lui demande si elle est venue seule. Pour toute réponse, elle désigne un petit homme derrière elle : son maître d'apprentissage ; propriétaire de la pâtisserie dans laquelle j'allais acheter mes bonbons alors que j'étais haute comme trois pommes.

L'homme surpris, ne tique pas en me voyant. Puis enfin, je lui dis mon nom. Et là, il réalise. La dernière fois qu'il m'a vue, je devais porter des culottes courtes et des sandales. Et me voilà, femme et épanouie. Quant à moi, je retrouvais les yeux rieurs du maître chocolatier. Certes, il a un peu rapetissé, les rides se sont creusés et les cheveux se font rares.

Tout d'un coup, mon enfance me revient à la figure. Les bonbons, la vendeuse et ses humeurs, la course avec mon frère dans les escaliers de la chocolaterie, le village où nous étions... Les larmes me montent aux yeux. Je décide de faire un tour, achète des tonnes de chocolat amers, racés et aux notes épicés. Puis repasse faire un bisou à ma grande soeur. Rares moments de tendresse. Mais toujours intenses. Et je me sens fondre à nouveau dans ses bras. Cette entrevue me laisse un goût amer, un peu comme le Papouasie-Nouvelle Guinée extra-noir. Laisse passer l'automne puis l'hiver. On verra bien.

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Hejje