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dimanche 1 août 2010

Vendredi soir, tard.

Vendredi soir, tard. J'arrive devant le 17 du boulevard Barbés-Rochechouart. Je prends une grande inspiration. Trois mois que je ne l'ai pas vu. Trois mois de silence après que je sois partie en claquant la porte. Pourquoi c'était déjà ?

Ah. Alors que je rentrais d'une répétition avec mon groupe, il m'avait ouvert la porte de son appartement mais ne prêtait pas attention à moi. Tension palpable. J'étais recroquevillée sur son sofa, il était assis dans le grand fauteuil de cuir de son bureau. J'étais mal, malade, folle ; je pleurais silencieusement.

Et c'est là qu'il m'a asséné le coup de grâce. Non, il ne voulait pas m'aimer. Il a pris des raccourcis. Il a enfin osé dire ce qu'il a tu depuis quatre ans. "Sole, toi et moi ça ne marchera jamais. On est trop différents." Tiens donc. Il pensait que j'ignorais que je n'étais pas vraiment la bru rêvée par ses parents ? Eux, de droite, conservateurs et cathos. Moi, fille de gauchos, de hippies, une vie à l'arrache sans horaires si ce ne sont ceux du travail.

Oui. C'est à ce moment précis que je me suis levée, que je lui ai dit "Es la ultima vez que me ves. Si mientras me habías querido que te quiera...Pués supongo que esto no vale la pena". Et je me suis cassée.

Donc vendredi soir, tard ; je compose le code. 47A60. 1er étage. La porte au fond du couloir à gauche. Mes talons claquent sur le sol en marbre. Je sais qu'il entend. Qu'il stresse.

Et pourtant, mardi, il m'a envoyé ce message. "NECESITO verte". J'ai BESOIN de te voir. Et je me suis demandé -avec un peu trop d'enthousiasme- ce qu'il voulait. Il a pris tout ce qu'il y avait à prendre. Il m'a dépouillée de sentiments, de bonne humeur, de joie de vivre. Que voulait -il ?

Vendredi soir, tard, je m'arrête devant sa porte. Je sais qu'il m'a entendue arriver. Je sonne par politesse. Pour faire comme si je ne savais pas qu'il m'attendait. Il ouvre la porte, les yeux rivés sur le sol. Je reste plantée là comme une conne. Je sais pas quoi faire, vraiment. Il finit par m'attraper le bras, m'attirer dans ses bras. Je lâche mon sac, surprise. Ce n'est pas un expert en matière de démonstration de sentiments d'habitude.

Ça a peut-être duré cinq minutes comme ça. Puis, la soirée s'est déroulée comme les autres soirées auparavant. Une fée verte, puis deux. Un joint, puis deux. La voix de Maynard. I'd sell my soul, my self-esteem, a dollar at time. For one chance, one kiss, one taste of you my black madonna...Magdalena.

Et j'ai retrouvé ses bras, ma bonne humeur, ma vie. Vendredi soir, tard.

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Hejje